L’or démontre une fois de plus son statut bien particulier. Valeur refuge, il est plébiscité par les investisseurs dans les périodes d’incertitude. Pourtant, son intérêt ne s’arrête pas aux seuls épisodes de volatilité des marchés. Véritable couverture de long terme, il a toute sa place dans les stratégies patrimoniales. D’autant que les possibilités pour investir dans l’or sont aujourd’hui très variées.
« Il est toujours sage d’avoir une petite part de son portefeuille investie dans l’or », annonce Bernard Dahdah, analyste en métaux précieux chez Natixis. Considéré comme une valeur refuge, une couverture en période de risque et de volatilité des marchés actions et devises, « l’or a l’avantage d’être apolitique, accepté dans tous les pays ». Au cours de la seconde partie du XXe siècle, la toute-puissance du dollar a pu lui faire de l’ombre, avant qu’une succession d’événements internationaux ne rappelle qu’au fil de l’histoire, l’or jaune retrouve toujours son éclat. « Avec la guerre en Ukraine, les avoirs financiers russes ont été gelés. Beaucoup de pays en voie de développement ont alors préféré sortir du dollar et de l’euro au profit de l’or, pour éviter d’être un jour soumis à de telles sanctions », rappelle Bernard Dahdah. Ces dernières années, la déglobalisation et la dédollarisation du monde ont accentué ce phénomène : « Les banques centrales préfèrent désormais disposer d’or plutôt que de devises. Cela participe fortement à la hausse des cours. L’attrait pour l’or est loin d’être terminé. »
Les banques centrales préfèrent désormais disposer d’or plutôt que de devises. Cela participe fortement à la hausse des cours. L’attrait pour l’or est loin d’être terminé.
Pour les particuliers, l’or bénéficie aussi d’un attrait particulier car il s’agit d’un actif tangible : lingotins, lingots, pièces d’or… le choix est large. L’achat se réalise auprès de comptoirs ou de sites spécialisés, dont il faut vérifier au préalable l’agrément. L’or physique profite alors d’une exonération de TVA (mais qui ne s’applique pas pour les bijoux). « La Monnaie de Paris produit des séries spéciales de pièces d’or thématiques. C’est amusant, mais je ne recommande pas de les acheter, car cela engendre un surcoût à l’achat, que l’on n’est pas certain de pouvoir répercuter à la vente », souligne Bernard Dahdah. Et ce n’est pas la seule précaution à prendre lorsque l’on investit dans l’or physique.
Il faut en effet anticiper la question de son stockage, chez soi ou dans un coffre-fort à la banque. « Ces solutions ont un coût, en assurance ou en location de coffre. Il s’ajoute aux commissions d’achat et de revente que pratiquent les comptoirs spécialisés. Cela vient grever la performance de l’or qui, rappelons-le, provient de la plus-value à la revente seulement. »
Des sociétés spécialisées proposent aussi d’acheter de l’or physique et d’en assurer la conservation. « Mieux vaut se tourner vers les plus grands acteurs du marché si l’on choisit cette solution », précise Bernard Dahdah.
Autre option : opter pour l’or papier, c’est-à-dire un produit financier, comme un certificat, un fonds centré sur les matières premières ou un ETF (Exchange-Traded Fund, fonds négocié en Bourse). « Les ETF peuvent être adossés à l’or physique, et donc à l’évolution de son cours, ou bien répliquer des contrats à terme sur l’or. Ces futures sont des produits plus complexes, plutôt plébiscités par des investisseurs avertis. » Ces ETF sur l’or et les métaux précieux sont principalement accessibles via les comptes-titres.
Il est également possible de s’exposer à l’or de manière indirecte, au travers d’ETF qui répliquent le cours d’entreprises minières ou de fonds d’investissement orientés sur ces stratégies. Ils sont notamment disponibles via l’assurance vie et le PEA. « Prudence toutefois, car le cours de Bourse des minières n’est pas réellement corrélé à celui de l’or. Il dépend aussi de paramètres spécifiques à chaque entreprise », prévient Bernard Dahdah.
Les ETF peuvent être adossés à l’or physique, et donc à l’évolution de son cours, ou bien répliquer des contrats à terme sur l’or. Ces futures sont des produits plus complexes, plutôt plébiscités par des investisseurs avertis.
Investir dans l’or physique implique d’anticiper quelques aspects pratiques. « La preuve de la propriété est centrale pour tout achat, revente et transmission. »
A la revente, deux régimes fiscaux cohabitent.
En principe, le prix de vente est soumis à un prélèvement forfaitaire de 11 %, auquel s’ajoute 0,5 % de CRDS1. Ce prélèvement s’applique, même si aucune plus-value n’est réalisée.
Cependant, le vendeur peut opter s’il en a l’intérêt pour l’imposition au régime des plus-values. Dans ce cas, depuis le 1er janvier 2026, la plus-value est soumise à un prélèvement global de 37,6 % (19 % d’impôt sur le revenu, et 18,6 % de prélèvements sociaux), avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année, et une exonération totale au bout de 22 ans2.
En cas de transmission, l’or est intégré dans l’actif successoral comme bien mobilier classique et soumis aux règles de succession du droit commun. La transmission sera d’autant plus facile si toutes les factures et certificats ont été conservés. Ce qui n’enlève rien au plaisir de transmettre un actif réel.
Rédaction achevée le 08/04/2026.
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Les investissements réalisés doivent être adaptés à la situation personnelle et patrimoniale du client, à ses besoins et objectifs, à ses connaissances et expérience en matière financière, à son appétence au risque, ainsi qu’à ses préférences en matière de durabilité.
[1] Vente d’objets précieux : quelle fiscalité ? | economie.gouv.fr