Longtemps l’apanage des investisseurs institutionnels ou des grandes fortunes, l’investissement non coté s’introduit progressivement dans les allocations des particuliers. Il attire par la promesse de financer les entreprises, infrastructures et projets de long terme, tout en contribuant à la diversification et au rendement des portefeuilles.
Souvent assimilé au private equity, l’univers du non coté est en réalité plus vaste et, surtout, très diversifié. Le segment le plus connu est sans doute celui du capital-investissement, qui finance les entreprises à différents stades de leur développement, au travers de prises de participation. Mais cette classe d’actifs comprend aussi le financement via de la dette privée et de l’investissement dans les infrastructures ou certains actifs réels, comme les forêts.
Pour Omar Hilili, Chargé Relations Investisseurs chez Naxicap Partners, l’intérêt du non coté tient d’abord à sa proximité avec les entreprises : « Les investisseurs financent directement les sociétés implantées au cœur des territoires, et contribuent ainsi à leur développement et leur croissance. » Un argument qui séduit de plus en plus d’épargnants. Selon France Invest, les particuliers détenaient 14,5 milliards d’euros d’actifs non cotés fin 2025, contre 11,6 milliards un an plus tôt. Ce segment joue donc un rôle économique majeur. Chaque année, près de 50 milliards d’euros issus du capital-investissement financent les entreprises françaises et près de 11 000 d’entre elles sont ainsi accompagnées, représentant environ 2,5 millions d’emplois(1).
La progression du non coté s’explique également par les nouvelles facilités d’investissement, depuis la loi Industrie verte. « Il est désormais possible d’investir dans des fonds positionnés sur le non coté à partir d’un euro seulement. Ces derniers peuvent être accessibles en direct, via un compte-titres, mais aussi dans l’assurance vie ou le PER (plan épargne retraite) notamment », explique Omar Hilili(2).
De quoi apporter une diversification importante pour les investisseurs qui se positionnent. « La valorisation et la performance des marchés non cotés fonctionnent selon des mécanismes différents des marchés actions, ce qui peut ainsi contribuer à diversifier les portefeuilles et réduire leur dépendance aux fluctuations boursières. » Cette décorrélation s’accompagne de rendements attractifs. Selon une étude France Invest-Quantalys publiée cette année, les fonds non cotés distribués au grand public ont affiché un rendement annuel moyen pondéré de 5,4 % en 2025(3).
L’enjeu n’est donc plus l’accès au non coté, qui s’est considérablement démocratisé et simplifié, mais son intégration dans le patrimoine. « Pour un investisseur particulier, hors profil prudent, nous recommandons d’y consacrer environ 10 % de son allocation globale », indique Omar Hilili(4).
Avant d’investir, il faut néanmoins intégrer les contraintes liées au non coté. Il nécessite en effet de disposer d’un horizon de temps long, idéalement entre 7 et 10 ans, pour laisser aux entreprises l’opportunité de se développer. Le propre du non coté est également d’être moins liquide qu’un actif coté, même si les possibilités de sortie des fonds ont été simplifiées et élargies dans les offres dédiées aux particuliers. Des mécanismes de sortie existent, mais ils peuvent être encadrés par certaines conditions ou dépendre de la capacité du fonds à organiser le rachat des parts. Il est donc essentiel de bien comprendre les modalités de sortie avant d’investir.
Si le non coté dispose donc de nombreux atouts, il reste toutefois encore largement sous-représenté et ne pèserait que 0,2 % dans l’épargne des ménages français. Un chiffre qui laisse entrevoir son fort potentiel de développement dans les années à venir.
Rédaction achevée le 23/06/2026.
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