La loi de finances pour 2026 est (enfin) publiée après les nombreux aller et retour de la navette parlementaire et la décision finale du Conseil constitutionnel. Plusieurs mesures sont entrées en vigueur dès le 21 février 2026 et pourraient vous concerner, notamment si vous envisagez un achat immobilier locatif, si vous faites des dons à des associations ou encore si vous prévoyez de souscrire au capital de PME pour réduire votre impôt sur le revenu.
Pour les revenus perçus au cours de l’année 2025, le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 % par rapport à celui applicable aux revenus 2024, pour suivre l’inflation. Ce barème concerne les revenus de l’année 2025 que vous déclarerez au printemps prochain (mai/juin 2026) via votre espace Finances publiques depuis le site impots.gouv.fr*.
| Barème 2025 pour les revenus 2024 | Barème 2026 pour les revenus 2025 | Taux |
|---|---|---|
| Jusqu’à 11 497 € | Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 498 € à 29 315 € | De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 316 € à 83 823 € | De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 83 824 € à 1 80 294 € | De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Plus de 180 294 € | Plus de 181 917 € | 45 % |
Quelles conséquences sur votre impôt ?
Si vos revenus en 2025 sont les mêmes qu’en 2024, vous paierez moins d’impôt. Si vos revenus ont augmenté d’au maximum 0,9 % en 2025 par rapport à ceux que vous avez perçus en 2024, votre impôt ne changera pas. Et, si vos revenus 2025 ont augmenté de plus de 0,9 % par rapport à ceux de l’année 2024, vous paierez plus d’impôt.
La Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) créée pour s’appliquer uniquement au titre des revenus perçus en 2025 est prorogée jusqu’à ce que le déficit du budget général français soit inférieur à 3 % du Produit intérieur brut (PIB).
Cette contribution a été mise en place pour assurer une imposition globale minimale d’au moins 20 % pour les contribuables dont le revenu fiscal de référence annuel est supérieur à 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple soumis à une imposition commune).
Ainsi sont concernés par cette contribution les contribuables percevant une plus-value de cession de titres de sociétés ou des dividendes soumis au Prélèvement forfaitaire unique (PFU 12,8 %). En effet, les contribuables qui perçoivent exclusivement des revenus taxés au barème progressif de l’impôt sur le revenu (taux jusqu’à 45 %) ont déjà un taux d’imposition moyen supérieur à 20 % et ne sont donc pas concernés par la CDHR.
Les versements volontaires réalisés depuis le 1er janvier 2026 sur un PER (Plan épargne retraite) ne sont plus déductibles du revenu du souscripteur s’il est âgé de 70 ans ou plus au jour du versement. A l’inverse, les versements volontaires réalisés par le souscripteur âgé de moins de 70 ans restent déductibles de son revenu global dans une certaine limite. Autre nouveauté, le contribuable pourra désormais utiliser le plafond de déduction non consommé des 5 dernières années (contre 3 dernières années auparavant).
Les dons consentis à partir du 14 octobre 2025 aux organismes d’aide aux personnes en difficulté (repas, soin, logement) et d’aide aux victimes de violences domestiques ouvrent droit à une réduction d’impôt de 75 % du montant du don retenu dans la limite de 2 000 € par an (contre 1 000 € auparavant). Pour les dons au-delà de 2 000 €, le taux de la réduction est de 66 % du montant du don retenu dans la limite globale de 20 % du revenu imposable.
Par ailleurs, les dons en vue de la restauration du château de Chambord réalisés entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2026 ouvrent droit à une réduction d’impôt de 75 %, dans la limite de 1 000 €. Il n’est pas tenu compte de la limite globale de 20 % du revenu imposable pour apprécier ces versements.
Ainsi, vous pouvez réaliser en 2026 jusqu’à 3 000 € de dons (2 000 € en faveur des personnes en difficulté + 1 000 € pour le château de Chambord) ouvrant droit à 75 % de réduction d’impôt soit au plus 2 250 € d’avantage fiscal. Toutefois, s’agissant de réductions d’impôt, il convient que votre impôt soit supérieur au montant de l’avantage fiscal, à défaut l’excédent sera perdu (les réductions d’impôt excédant le montant de l’impôt sont perdues contrairement aux crédits d’impôt qui eux sont restitués en cas d’impôt insuffisant). A noter, ces réductions d’impôt ne sont pas comptabilisées dans le plafond global des niches fiscales.
Depuis le 21 février 2026 la souscription de parts de FCPI (Fonds communs de placement dans l’innovation) dits « classiques » n’ouvre plus droit à une réduction d’impôt. L’avantage fiscal est recentré sur la souscription de parts de FCPI investissant dans des Jeunes entreprises innovantes (JEI). Ces versements vous permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt de 30 %.
Par ailleurs, les versements effectués, en direct, pour souscrire au capital d’Entreprises solidaires d’utilité sociale (ESUS) ainsi qu’au capital de Sociétés foncières solidaires (SFS) ouvrent droit au bénéfice de la réduction d’impôt pour investissement au capital de PME au taux de 25 % jusqu’au 31 décembre 2027 (toutefois, la publication d’un décret est nécessaire pour maintenir le taux à 25 % du 1er octobre 2026 au 31 décembre 2027, à défaut le taux sera de 18 %).
Ni la réforme du régime fiscal des plus-values immobilières des particuliers, ni le remplacement de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) par un impôt sur la fortune improductive, mesures évoquées au cours des débats parlementaires, n’ont été retenues dans le texte final de la loi de finances pour 2026.
La loi de finances pour 2026 crée un nouveau dispositif immobilier locatif dit « Jeanbrun » ou « statut du bailleur privé » afin d’encourager l’investissement locatif dans des logements neufs ou rénovés, tout en favorisant l’accès pour des ménages modestes à des logements abordables. En contrepartie de son investissement, le propriétaire bénéficie d’un avantage fiscal sous la forme d’une déduction d’amortissement lors du calcul de ses revenus fonciers imposables, à condition de respecter plusieurs critères. Pour être éligible, le logement doit être situé en France, dans un bâtiment d’habitation collectif, ainsi les maisons individuelles sont exclues. Le bien doit être acquis neuf, en VEFA (Vente en l’état futur d’achèvement) ou construit par le contribuable lui-même. Le dispositif Jeanbrun s’applique également aux biens nécessitant des travaux, sous réserve que ces travaux représentent au moins 30 % du prix d’acquisition ou qu’ils concernent une réhabilitation lourde ou la transformation en immeuble neuf. L’acquisition du logement (date de signature de l’acte authentique) doit être réalisée entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
Le bien doit être mis en location nue (c’est-à-dire sans meubles) « abordable » pendant 9 ans minimum à usage de résidence principale du locataire. Le propriétaire doit être soumis au régime réel d’imposition, ainsi le régime micro-foncier est exclu du dispositif.
L’avantage fiscal principal du dispositif repose sur la possibilité de déduire un amortissement forfaitaire. Cet amortissement est calculé sur 80 % du prix d’acquisition net de frais (et 100 % des travaux, le cas échéant). Le taux d’amortissement dépend du type de location :
| Secteur | Amortissement Neuf (80 % de la valeur du bien immobilier) | Amortissement Ancien (80 % de la valeur du bien immobilier + 100 % travaux) | Plafond annuel d’amortissement |
|---|---|---|---|
| Intermédiaire | 3,5 % | 3 % | 8 000 € |
| Social | 4,5 % | 3,5 % | 10 000 € sous conditions |
| Très social | 5,5 % | 4 % | 12 000 € sous conditions |
La loi de finances pour 2026 modifie également le dispositif de transmission Pacte Dutreil, le régime fiscal de l’article 150-0 B ter du CGI (report d’imposition en cas d’apport de titres d’une société opérationnelle à une holding contrôlée). Elle crée aussi une taxe sur le patrimoine non opérationnel des holdings, etc.
Tous ces changements peuvent être gérés efficacement avec certains ajustements. Restez attentif et faites-vous accompagner par votre conseiller habituel pour sécuriser vos choix patrimoniaux.
Les prélèvements sur les revenus du patrimoine et de placement passent à 18,6 % (contre 17,2 %), sauf pour les revenus fonciers, plus-values immobilières, les produits d’assurance-vie, de capitalisation et certains PEL et CEL (voir ci-dessous).
| Type de revenus | Exemples | Taux applicables aux revenus perçus en 2025 | Taux applicables aux revenus perçus en 2026 |
|---|---|---|---|
| Exclus de la hausse | Revenus fonciers, plus-values immobilières, produits d’assurance-vie, de capitalisation et certains PEL, CEL | 17,2 % | 17,2 % |
| Revenus de placement | Dividendes, intérêts de comptes à terme, PER | 17,2 % | 18,6 % |
| Revenus du patrimoine | Plus-values mobilières, locations meublées (LMNP) | 18,6 % | 18,6 % |
Pour les PEL et CEL :
| Ouverture du compte ou plan avant 2018 | Ouverture du compte ou plan après 2018 | |
|---|---|---|
| Intérêts – 12 ans | PS 17,2 % + exonéré IR | PS 18,6 % + PFU |
| Intérêts + 12 ans | PS 18,6 % + PFU | PS 18,6 % + PFU |
Les assurés nés en 1964 ou entre janvier et mars 1965 pourront partir à 62 ans et 9 mois (170 trimestres), ceux nés entre avril et décembre 1965 à 63 ans (171 trimestres). Ceux nés entre 1966 et 1968 peuvent également partir trois mois plus tôt que prévu, mais doivent tout de même réunir 172 trimestres. Cette mesure s’applique aux pensions liquidées à partir du 1er septembre 2026, ce qui est logique car, au plus tôt, elle produira des effets au 1er octobre 2026 (un assuré né le 1er janvier 1964 aura 62 ans et 9 mois le 1er octobre 2026).
A partir du 1er janvier 2027, le cumul emploi-retraite, qui permet aux retraités de travailler tout en percevant leur pension, est modifié comme suit :
• avant l’âge légal (pour les départs anticipés, comme la carrière longue) : la pension n’est pas versée, seuls les revenus d’activité sont perçus ;
• entre l’âge légal et 67 ans : la pension est réduite si les revenus d’activité dépassent un seuil qui sera fixé par décret ;
• à partir de 67 ans : la pension et les revenus d’activité sont perçus sans réduction.
Plusieurs dispositions viennent améliorer la prise en compte des carrières féminines pour les pensions liquidées à compter du 1er septembre 2026 :
Un congé supplémentaire de naissance, en complément des congés maternité, paternité ou d’adoption, est mis en place pour les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026. D’une durée de 1 ou 2 mois (au choix), il sera indemnisé de manière dégressive, sous réserve de cessation totale d’activité, avec des montants précisés par un décret à venir.
Plusieurs mesures, indépendantes de la loi de financement de la Sécurité sociale et du projet de loi de Finances, sont entrées en vigueur au 1er janvier 2026, notamment :
D’autres dispositifs ont pris fin le 31 décembre 2025, c’est le cas :
L’année 2026 débute avec des changements fiscaux et sociaux importants, malgré l’absence de loi de Finances pour 2026. Restez attentif et faites-vous accompagner par votre conseiller Caisse d’Epargne pour sécuriser vos choix patrimoniaux.
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Rédaction achevée au 12/01/2026 par Fidroit, mise à jour le 26/02/2026 sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires.
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