Marché en plein développement, la vente, ou l’achat, en viager est une transaction singulière de cession d’un bien immobilier. Elle se distingue des autres opérations par ses modalités de paiement, conditionnées notamment par l’âge du vendeur, qui peuvent bénéficier tant au vendeur qu’à l’acquéreur. Explications.
Le viager est, avant tout, une vente d’un bien immobilier. Sa particularité : les modalités de paiement, qui prennent notamment en compte un aléa, la longévité du vendeur.
Le viager répond à un réel besoin, tant pour les vendeurs que pour les acquéreurs. Il permet ainsi :
Le viager est mis en place de telle façon que l’acheteur paye intégralement le prix normal du bien si le vendeur décède au terme de l’espérance de moyenne de vie. Le prix de vente est ainsi fixé en tenant compte :
Une vente en viager suit trois étapes :
La première étape consiste à déterminer le prix de vente du bien selon la valeur de marché, auquel est appliqué une éventuelle déduction si le bien est vendu occupé. Cet abattement dit « d’occupation » est estimé en fonction de la durée estimée d’occupation, liée à l’espérance de vie, et du rendement moyen du bien.
Puis il faut déterminer des modalités de paiement : le vendeur doit indiquer s’il souhaite percevoir un bouquet ( = somme d’argent), versé à la signature et dont le montant est librement fixé entre les parties, sans dépasser en principe 30 % du prix. Le montant du bouquet est déduit du prix de vente et le solde du prix est converti en rente déterminée par le ratio suivant : solde dû / espérance de vie du vendeur. L’espérance de vie est calculée en fonction des tables de mortalité établies par la caisse nationale de prévoyance ou les compagnies d’assurance. Si le viager est prévu sur deux têtes, c’est l’âge du plus jeune des vendeurs qui est pris en compte. Ce solde peut être divisé en mensualités ou trimestrialités.
Dernière étape, le versement de la rente au vendeur jusqu’à son décès (viager sur une seule tête) ou jusqu’au décès de la dernière personne vivante (viager sur plusieurs têtes). En cas de prédécès de l’acquéreur, la charge de la rente est transmise à ses héritiers (ceux de l’acquéreur), avec une solidarité entre eux.
La rente perçue par le vendeur est soumise à l’impôt sur le revenu sur une partie seulement, en fonction de son âge lors de l’entrée en jouissance qui correspond en principe au jour de la signature de l’acte notarié. Ainsi, 70 % de la rente sera imposable si le vendeur a moins de 50 ans au jour de la vente ; 50 % entre 50 et 59 ans ; 40 % entre 60 et 69 ans ; 30 % à 70 ans ou plus.
Le viager reposant sur un aléa – la durée de vie du vendeur – il faut que celui-ci soit réel. Ainsi, le contrat en viager est annulé, en application de l’article 1975 du Code civil, si le vendeur décède, dans les 20 jours suivant la signature de l’acte de vente, d’une maladie dont il était atteint à la date de celle-ci.
Plusieurs dispositions sont par ailleurs à prévoir dans l’acte de vente, afin de limiter les litiges ultérieurs :
Le crédirentier (vendeur initial) ne peut s’opposer à la vente du viager par le débirentier (acquéreur initial), mais il peut prévoir dans l’acte de vente d’intervenir à l’acte de cession pour y consentir.
Le débirentier recevra, sous forme de bouquet, le total des sommes déjà versées au vendeur. La charge de la rente est alors transférée au nouvel acquéreur dans les termes du contrat de vente d’origine.
Dûment informé, il convient à chacun de déterminer si une telle opération répond à ses objectifs patrimoniaux. Le viager est un marché en développement, sur lequel se sont portés plusieurs intervenants spécialisés. Si la décision est prise de céder son bien ou d’acquérir en viager, il est bien évidemment nécessaire de se faire assister de ses conseils habituels, dont son notaire.
Rédaction achevée au 20/08/2014, mise à jour le 15/11/2025, sous réserve d’évolutions de l’actualité économique et financière, ainsi que des dispositions fiscales, juridiques et réglementaires en vigueur.