En France, l’Insee estime que près d’un quart du patrimoine est possédé par les plus de 70 ans ! Une richesse qui va donc sauter à la génération suivante au cours des prochaines années. D’après la fondation Jean-Jaurès, les héritiers des boomers vont récupérer 9 000 milliards d’euros d’ici à 2040. Derrière ce chiffre, se cachent des biens très divers : immobilier, argent, placements, or, terres… Que faire du patrimoine dont on hérite ? Une question qui s’anticipe et doit se gérer avec prudence, ce qui n’est pas toujours simple quand les émotions s’en mêlent.
« Savez-vous qu’il vaut parfois mieux refuser une succession que l’accepter ? », glisse d’emblée Patrick Villemur, Ingénieur Patrimonial à la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées. Avant toute autre chose, il faut comprendre ce que contient l’héritage : les actifs dépassent-ils le passif ? Y a-t-il suffisamment de patrimoine pour couvrir les dettes, dont vous serez autrement comptable ? Si la réponse est non, ou que vous avez un doute, deux choix s’offrent à vous. « Vous pouvez accepter la succession seulement à hauteur des actifs restants après règlement du passif. Une façon de se protéger. » Et vous pouvez aussi refuser l’héritage dans son ensemble. « Attention, celui-ci passe alors au rang suivant dans l’ordre de succession, donc éventuellement vos enfants. »
Refuser ou accepter une succession, la question n’est pas toujours simple à trancher. L’héritage et l’argent sont souvent des sujets tabous en famille et les héritiers n’ont pas forcément connaissance du patrimoine de leurs proches. La tentation peut alors être grande de se renseigner sur les placements financiers détenus pas le défunt.
Refuser ou accepter une succession, la question n’est pas toujours simple à trancher. L’héritage et l’argent sont souvent des sujets tabous en famille et les héritiers n’ont pas forcément connaissance du patrimoine de leurs proches. La tentation peut alors être grande de se renseigner sur les placements financiers détenus pas le défunt.
Une fois celle-ci acceptée, s’enclenche alors un calendrier très serré : le 1er jour du 6e mois après le décès, vous devrez vous acquitter des droits de succession, dont les montants peuvent s’avérer très conséquents. Il faut donc rapidement évaluer votre capacité à disposer des sommes dues, et ce alors même que vous venez d’apprendre la disparition d’un proche.
Barème progressif pour les héritiers en ligne directe
(Après abattement de 100 000 € par héritier)
| Tranche de part taxable après abattement | Taux d’imposition |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
« Parfois, les actifs liquides, comme les placements financiers ou le cash, ne sont pas suffisants pour payer les droits. Or il est difficile de liquider des actifs illiquides, comme l’immobilier ou des terres, en 6 mois. Peut-être aussi voulez-vous conserver le patrimoine immobilier et non le vendre. » Point important, l’assurance vie (versement avant 70 ans) ne relève pas des successions : elle peut donc être utilisée pour payer les droits de succession sans avoir à vendre d’actif dans la précipitation.
On l’a compris, la composition d’un héritage peut être très diverse. Certains actifs vous sont transmis « tels quels », comme l’immobilier, tandis que le destin des actifs financiers est variable. Les PEA du défunt sont ainsi clôturés d’office, mais vous avez la possibilité de conserver les actions sur un compte-titres ordinaire une fois la CSG-CRDS acquittée. Il est également possible de récupérer les actions des comptes-titres. Les plus-values sont purgées et le cours retenu est celui du jour du décès. Les SCPI peuvent être conservées, en pleine propriété ou en démembrement, pour anticiper sa propre succession. « Conserver ou non un placement, garder des actions ou les vendre : tout ceci s’étudie au cas par cas, en fonction de votre propre patrimoine, de vos besoins en financement et de vos projets. »
Il faut retenir une chose : ce n’est pas parce que vous n’avez pas de connaissances financières qu’il faut tout solder. Il existe des solutions de gestion assurées par la banque.
Toute transmission est une occasion de structurer son propre patrimoine et, pourquoi pas, de procéder à des changements. « Les biens immobiliers peuvent être mis dans une SCI avec ses propres enfants. Les liquidités peuvent être placées sur une assurance vie, pour bénéficier des abattements fiscaux annexes », illustre Patrick Villemur. Il existe une multitude de solutions, qui rappellent à quel point l’anticipation est indispensable. Et qu’en matière d’argent, il faut libérer la parole au sein de la famille.
Rédaction achevée le 30/01/2026 sous réserve de l’actualité juridique et fiscale en vigueur.
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Les investissements réalisés doivent être adaptés à la situation personnelle et patrimoniale du client, à ses besoins et objectifs, à ses connaissances et expérience en matière financière, à son appétence au risque, ainsi qu’à ses préférences en matière de durabilité.