Peut-on renoncer à un héritage au profit de ses enfants ? 

Renoncer à une succession : loin d’être incongru, ce choix peut constituer une véritable stratégie patrimoniale, permettant de faciliter la transmission des biens à ses propres enfants. La décision comporte cependant des répercussions à anticiper.

On sait qu’il est possible de renoncer à une succession si le poids des dettes du défunt est trop important. Mais, dans une France qui vieillit, où l’âge auquel on hérite dépasse souvent 60 ans, la renonciation devient un outil de transmission patrimoniale à part entière, de plus en plus sollicité. « Historiquement, l’héritage visait à soutenir l’installation dans la vie : un achat immobilier, une création d’entreprise… Or on en a plus rarement besoin une fois à la retraite ! », souligne Maître Barbara Thomas David, notaire. Plutôt que d’alourdir un patrimoine déjà constitué, qu’il faudra ensuite transmettre à leurs enfants, les boomers voient dans la renonciation à l’héritage de leurs propres parents un moyen d’éviter une double taxation et d’apporter un soutien financier à leur progéniture. 

Dire non avec les formes 

Renoncer à un héritage est loin d’être anodin. Il s’agit d’un acte juridique formel, réalisé auprès d’un notaire. Il est total et définitif. 

Maître Barbara Thomas David Notaire

En présence de plusieurs enfants, la part renoncée est divisée entre eux de manière égale. 

Bon à savoir :
Il existe à cela une seule exception, l’assurance vie, qui obéit aux règles du Code des assurances et non du Code civil. Il est donc possible de renoncer à une succession tout en conservant l’assurance vie du défunt.

Tout comme l’inverse peut être envisagé : céder à ses enfants l’assurance vie tout en conservant l’héritage. «Tout cela ne peut s’organiser que sous réserve d’une clause bénéficiaire correctement rédigée. Il ne faut par exemple jamais y faire figurer le terme de succession, qui obligerait justement à ramener l’assurance vie dans la succession. » 

La renonciation ne doit pas non plus être confondue avec le cantonnement. Il permet au conjoint survivant qui bénéficie d’une donation au dernier vivant de n’hériter que d’une partie des biens, le reste revenant à leurs enfants. 

Anticiper et discuter 

La renonciation comporte un intérêt fiscal, les enfants bénéficient d’un abattement de 100 000 € attaché au parent qui a renoncé. Un avantage à diviser entre le nombre d’enfants héritiers. Ensuite, la fiscalité est calculée selon les règles de la ligne directe. Elle sera donc plus lourde si la renonciation émane d’un parent plus éloigné. 

La renonciation est souvent évoquée une fois le décès survenu, il serait pourtant utile d’en discuter au plus tôt, en réunissant les trois générations concernées. D’autant que si les grands-parents partagent la volonté familiale de transmettre directement aux petits-enfants, des dispositifs spécifiques peuvent être mis en place de leur vivant, avec l’accompagnement des conseillers bancaires et des notaires. 

Rédaction achevée le 30/01/2026 sous réserve de l’actualité juridique et fiscale en vigueur.            

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