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Votre question du mois #13 : quelle est l’incidence d’un divorce sur vos enveloppes d’épargne ?
Dans ce premier épisode de notre nouvelle saison, Stéphanie Chiappero, spécialiste patrimoniale à la Caisse d’Epargne Côte d’Azur, répond à l’une de vos questions concernant l’impact d’un divorce sur les enveloppes d’épargne. Découvrez les implications financières et patrimoniales d’un divorce et comment gérer au mieux vos épargnes dans ce contexte.
Ingrid Labuzan : Près d’un mariage sur deux se solde par un divorce, pourtant les couples qui anticipent les conséquences financières de cet événement sont assez peu nombreux. Or, divorcer, c’est partager. Alors quand on divorce, qu’est-ce qu’il se passe pour les enveloppes d’épargne comme le PER, l’assurance vie ou les livrets ?
Stéphanie Chiappero : Lors d’un divorce, le notaire procède à la liquidation du régime matrimonial, donc il va chiffrer le patrimoine en intégrant tous les biens : immobiliers, mobiliers et argent (dettes comprises) et déterminer leur sort. Autrement dit, on fait les comptes et on répartit les biens. Les règles de partage qui s’appliquent seront dépendantes du régime matrimonial et varient d’un produit à l’autre.
Ingrid Labuzan : On sait que l’un des produits d’épargne phares des Français est l’assurance vie : quel sort lui est réservé lors d’un divorce ?
Stéphanie Chiappero : Si vous êtes marié sans contrat selon le régime de la communauté réduite aux acquêts, qui est le régime légal actuel et donc le plus courant, voici ce qu’il se passe :
Ingrid Labuzan : Et quel est l’impact sur l’assurance vie quand on se trouve dans le cadre d’un mariage sous contrat, comme la séparation de biens, la communauté universelle intégrale ou la participation aux acquêts ?
Stéphanie Chiappero : La situation est différente pour chacun.
Ingrid Labuzan : Pour conclure sur l’assurance vie, y a-t-il un point sur lequel vous souhaiteriez attirer l’attention de nos auditeurs ?
Stéphanie Chiappero : Pour éviter tout litige avec votre ex-conjoint – vous n’avez sans doute pas envie qu’il bénéficie de votre assurance vie alors que vous êtes en instance de divorce –, soyez vigilant à la rédaction de la clause bénéficiaire. Mieux vaut privilégier la formule « mon conjoint, non séparé de corps ou mon partenaire de PACS… » plutôt que de le nommer.
Ingrid Labuzan : Il n’y a pas que l’assurance vie, il y a d’autres supports d’épargne comme l’épargne retraite, l’épargne salariale… Les règles sont-elles les mêmes que celles que vous venez d’expliquer pour l’assurance vie ?
Stéphanie Chiappero : Pour l’épargne retraite, il faut considérer le régime matrimonial certes, mais aussi la provenance des fonds et les dates de versement. En régimes communautaires, un PER est un bien propre par nature, c’est-à-dire que la moitié de la valeur du contrat ou une récompense pourra être due selon que le régime est la communauté universelle ou si le contrat est alimenté avec des fonds communs. Et c’est le même principe pour la participation aux acquêts.
Ingrid Labuzan : Et concernant l’épargne liquide ?
Stéphanie Chiappero : Pour l’épargne liquide, c’est plus simple. Concernant les livrets, le Plan d’Epargne Logement ou le compte à terme, en régime de communauté, elle est partagée quel que soit le nom du titulaire du compte. On distingue bien le titre de la finance. Si elle appartient à des époux séparés de biens, chacun en conserve son entière propriété.
Ingrid Labuzan : On le sait, le divorce appauvrit les ex-conjoints. Auriez-vous un conseil à partager qui permettrait de limiter les dégâts ?
Stéphanie Chiappero : Dans nos métiers, nous voyons que la gestion du patrimoine dans les couples n’est pas totalement cohérente avec le régime matrimonial choisi dont les enjeux économiques et financiers associés sont souvent méconnus. Chacun y va de sa propre intuition ce qui peut amener à de futurs litiges si le mariage est dissous. Notre rôle de conseil devient primordial pour exposer les logiques des régimes et orienter vers des stratégies de placement adaptées et plus protectrices.
La loi évolue d’ailleurs en ce sens, puisque depuis juin 2024, elle prévoit entre autres une décharge de solidarité fiscale pour les victimes des ex-conjoints endettés.